Les balbutiements d'un apprenti sociologue

Libéralisme

Si les plus astucieux d'entre-vous on cru apercevoir la racine étymologique commune qu'on liberté et libéralisme, il ne faut toutefois pas prendre pour acquis que la notion véhicule les mêmes valeurs partout. Ici au Canada, notre Parti d'opposition officiel est le Parti Liberal qui véhicule des valeurs de justices et qui exhibe la notion multiculturelle d'entrée de jeu tel que démontré par la citation suivante trouvé sur le site internet du Parti. «Les libéraux ont la conviction que le Canada est bien plus que l’ensemble des éléments qui le constituent et que nos différences nous renforcent, et non pas le contraire. Nous sommes le parti du multiculturalisme officiel, concept que nous avons inscrit dans la Constitution du Canada.»

Toutefois lorsque prononcé par certains, le terme libéral prend un tout autre sens.
C'est notamment avec le démagogue Glenn Beck et sa droite extrémiste dont Fox News se fait le phare que l'on voit la notion  de libéralisme pervertie et associée au nazisme et au socialisme. Dans le clip qui suit, on voit Glenn Beck interviewer un auteur et les deux prennent un malin plaisir à traîner les libéraux dans la boue tout en glorifiant la droite conservatrice.



La différence entre les deux définitions de libéralisme semble incommensurable. Difficile à croire qu'un parti au dimensions que lui accorde Beck ait été porté jusqu'au rang de l'opposition officielle. Pour démystifier cet imbroglio, voici un lien qui présente une critique sur la méthode de travail de Glenn Beck et son organisation  
gracieuseté du Daily Show.

Il semblerait que les comparaison au nazisme sont des thèmes récurrents dans la rhétorique de Beck. Mais attention, il n'est pas question ici des marmonnements d'un ermite mais plutôt d'un discours rependu sur l'étendue du territoire américain. Il s'agit ici d'un discours hégémonique mené contre des adversaires politiques où les valeurs conservatrices de l'Élite fox newsienne sont acceptées et adoptées par la masse populaire. L'hégémonie rend tout dialogue beaucoup plus difficile en raison de l'entêtement idéologiques des parties concernées et dans une société politique où le dialogue est à l'ordre du jour, il importe de communiquer et de se faire comprendre.

C'est sous cette même optique que je considère les bienfaits du paysage politique canadien, puisque nos libéraux à nous sont rarement confondu avec les nazis allemand. La gauche américaine a fait tout un plat avec l'immigration illégale dans les états du sud tandis que le Canada a volontiers accepté les réfugiés tamils de cet été. Démontrant ainsi les limites du melting pot américain comme modèle d'intégration car oui en principe une fondue au fromage c,est agréable mais pas s'il existe des croûtons antagonistes comme Glenn Beck et sa bande d'énergumènes dans le mélange.

Le satire comme outils de compréhension



Ce clip diffusé dans le cadre de l'émission satirique Infoman à Radio-Canada, prend pour ainsi dire le taureau par les cornes et s'attaque directement au conseiller municipale responsable du code de conduite d'Hérouxville. En ridiculisant l'individu, l'équipe de Jean-René Dufort mine donc la crédibilité de ses propos. Le monsieur tolère difficilement les droits social et religieux des autres mais semblerait qu'il ne se gène pas d'en profiter lorsque vient le temps de s'empiffrer de desserts. Ce code de conduite a fait coulé beaucoup d'encre dans les média et semblerait que c'est ce qui a introduit Hérouxville dans l'imaginaire collectif puisqu'une recherche Youtube démontre qu'outre ce qui traite du code de conduite, les seuls vidéo qui concernent Hérouxville sont au sujet d'un feu de forêt en mai 2010. Serge Chapeleau et RBO ont aussi cibler les déboires de ce petit village à des fins satiriques mais il faut noter que l'enjeu n'en reste pas moins important. Il s'agit ici encore une fois d'un faux-pas de la théorie interculturelle qui domine la politique québécoise depuis quelques années, si on encourage les immigrants à se joindre à la culture québécoise il faut que ceux-ci ouvre les portes.

En tant que notion, la culture québécoise reste ambiguë et mal-définie. Encore une fois, il sera question de satire pour mieux définir. L'extrait suivant est tiré d'un spectacle des Zapartistes où les stéréotypes de la culture québécoise défilent sous prétexte d'une leçon d'intégration.




Les commentaires de la fin illustrent parfaitement la dichotomie entre interculturalisme et multiculturalisme notamment «C'est le Canada qui vous accueille mais c'est le Québec qui va devoir vous endurez.» Le terme endurez suggère ici le choix de tolérer ou non selon nos convictions....ou selon notre appétit si nous sommes aussi friands de baklava que le conseiller d'Hérouxville.

District 9 ou le sort d'une minorité




Cet extrait du film District 9 démontre bien le traitement que les Sud-Africains ont réservés pour les réfugiés extra-terrestres. Dans l'extrait ci-haut, il est question d'utiliser la bureaucratie afin de déplacer les visiteurs vers un endroit plus propice. Les fervents d'histoire auront reconnu ce processus puisque c'est ainsi que le gouvernement canadien a dépossédé les peuples autochtones de leur terres ancestrales pour les cloîtrer dans des réserves. L'intrigue principal du film repose en fait sur ce processus de relocalisation et de ghettoïsation. La mise à l'écart de cette minorité cause l'augmentation de la criminalité poussant ainsi les gens à associer crime et extra-terrestre créant ainsi un discours racisant   qui domine les interactions entre les deux cultures. Le parallèle n'est donc pas si ridicule puisque plusieurs statistiques existent démontrant les effets de la ghettoïsation sur les peuples des Premières Nation.  Si dans le film les extra-terrestre font de la contre-bande d'armes, on peut donc penser à la contre-bande de cigarettes généralement associée aux réserves autochtones. C'est en début de film lors des témoignages qu'on peut entendre une dame quelconque prononcer ces mots: «They're spending so much money keeping them here, at least they are keeping them separate from us.» Et c'est ici que la comparaison se renforce car les réserves autochtones dépendent du gouvernement fédéral et cet argent pourrait sûrement être investit ailleurs. Il faut donc se demander si les réserves autochtones du Canada existent pour permettre aux peuples des Premières Nations de vivre en communauté en respect de leur tradition ou bien s'il s'agit d'un District 9 canadien.

Lorsque l'Official language Act devient une contreinte linguistique

http://www.urbanoutfitters.com/urban/html/quebec.html






C'est en magasinant pour un cadeau de Noel pour mon frère que j'ai fait cette découverte. Le site de la populaire chaîne de magasin de vêtements branchés n'est pas disponible aux internautes québécois en raison de la loi 22. Je suis néanmoins curieux de savoir si c'est parce qu'ils ont eu des plaintes ou si c'est le gouvernement lui-même qui a imposé ce bâillon à la chaîne populaire . 

Tel que mentionné dans le journal de bord #1 le républicanisme français a ces limites mais il faut se rendre à l'évidence que l'interculturalisme québécois aussi puisqu'il est maintenant impossible de naviguer internet dans la langue de notre choix. Une telle censure rappelle le sort de Google en pays communistes...

Journal de Bord 3

Démontrez votre compréhension du concept sociologique « racisation » en analysant un phénomène social. N’oubliez pas de consulter ma présentation du 20 octobre.
Tel que présenté en classe, la racisation consiste à l'édification d'un processus ségrégatif où les différences physionomiques retrouvés entres différents groupes ethniques sont utilisés en tant que mesure de l'intelligence sociale d'un tel groupe. Autrement dit, il est question d'utiliser le différences physiques pour édifier des castes raciales pour ensuite utiliser ces castes afin de hiérarchiser les rapports sociaux. Il existe plusieurs exemples où les groupes ethniques sont vu comme étant différents ou même inférieurs en raison de traits physiques. Toutefois le principe de racisation ne consiste pas à l'application des hiérarchies ethniques mais plutôt de leur constructions. C'est dans le discours que l'on retrouve les propos racisants d'une culture pour ensuite voir les effets s'appliquer en société. Prenons pour exemple l'histoire du mouvement des droits civiles aux États-Unis où un groupe est racisé et pousser à l'esclavage en raison de différences physionomiques avec la majorité WASP( White Anglo Saxon Protestant). Bien que la Constitution américaine prévoit les droits égaux de tous, les Noirs d'Afrique ne sont pas considérés comme étant des humains et encore moins des citoyens américains à cette époque.

Bien que la Guerre Civil met fin à l'esclavage et que les droits des Afro-Américain sont garantis, ceux-ci ne sont pas encore sur un pied d'égalité avec leur anciens maitres. Toujours considérés inférieurs à leur concitoyens blancs, les Noirs sont mis à l'écart dans des ghetto où la pauvreté règne. Il faut noter que le discours de l'époque veux que les Noirs sont incapable de travailler, stupide, paresseux, violents, malpropre et qu'éventuellement un cercle vicieux s'installe où les Noirs sont reconnus comme étant inférieurs et qu'on les traite donc en tant qu'êtres inférieurs. C'est ici l'exemple d'un discours racisant puisqu'au fil du temps les préjugés raciaux sont pris pour acquis et la culture majoritaire s'en sert donc comme fait social. Il a fallu que ces gens combattent pour leur droits de base tel l'éducation ou même le droit d'épouser «hors-race». On pense ici au chanteur populaire Sammy Davis Jr, membre imminent du Ratpack qui a reçu des menaces de mort alors qu'il côtoyait une actrice blanche durant les années 60. Ces lois ségrégatives ont été en place jusqu'en 1967 et même que celles de l'Alabama ont perduré jusqu'en 2000 (USA Today, 11/7/00). Cette notion de protection de la race, ou encore de la pureté de la race aryenne dont s'est aussi servi Adolf Hitler, est un autre exemple de discours racisant affectant l'imaginaire collectif puisque les Américains des années 60 étaient poussés à la haine à l'idée d'un union entre une femme blanche et un homme noir malgré la célébrité et l'affluence de ce dernier.

Bien que les législations américaines ont évoluées pour contre-partir le discours racisant, le dommage était déjà fait puisque de nos jours il est encore possible d'entendre des propos où les Noirs sont inférieurs aux blancs. L'effet de la racisation est donc de plus longue durée que le discours racisant tel quel. De nos jours, ce sont les droits religieux qui sont victimes de racisation puisque la religion musulmane est incomprise par plusieurs et que les stéréotypes racisants sont plus facile d'accès que l'information véridique. Bien que nos lois permettent déjà aux musulmans de pratiquer leurs Foi en toute quiétude, notre culture est un peu moins tolérante. La racisation de l'Islam est pourtant récente dans notre société et il est souhaitable qu'elle ne sera pas aussi persévérante que la racisation des afro-Américains.

Journal de Bord 2

C’est quoi le parcours du concept de l’interculturalisme au Québec? C’est quoi son rapport avec l’approche au Canada?

Il est difficile de considérer la diversité culturelle sans tenir compte de notions interactives tels le multiculturalisme et l'interculturalisme. Si le gouvernement canadien applique des politiques visant à promouvoir le multiculturalisme, on peut parallèlement observer la prévalence de la notion d'interculturalisme au sein du discours politique québécois. Au lieu de la cohabitation primée par le multiculturalisme, il est plutôt question ici d'un fusionnement des diverses cultures «néo-canadiennes» au Statu-quo mit en place par la majorité francophone. La notion d'interculturalisme serait apparue dans le discours dès 1978 alors que le gouvernement du Québec publiait la «Politique québécoise du développement culturel»(Rocher et al,2007, p.6). Tel que mentionné par Rocher et Al, le terme d'interculturalisme n'est pas encore mentionné, mais on peut trouver dans ce document les notions qui serviront plus tard à alimenter ce néologisme, soit la «culture de convergence» autrement dit, la culture francophone comme point de rencontre des diverses cultures retrouvées en sol québécois. La balle est relancée par le gouvernement en 1981 alors que le Ministère des communautés culturelles et de l'Immigration publie : autant de façons d'être Québécois. Plan d'action à l'intention des communautés culturelles.  

C'est avec ce document que les politiques interculturelles sont énoncés explicitement présentant ainsi la culture majoritaire francophone comme étant la culture d'accueil des nouvelles cultures ou encore comme un « foyer de convergence des autres traditions culturelles qu'il faut maintenir originales et vivantes partout où elles s'expriment » (MCCI, 1981, p. 9). Le terme convergence est appliqué ici en relation avec le but commun éventuel de l'absorption des cultures néo-canadiennes à la majorité francophone. En 1984, un rapport est publié par le Comité d'implantation du plan d'action à l'intention des communautés culturelles où il est formellement écrit que le plan d'action vise à «favoriser l’intégration des communautés culturelles dans la société québécoise» (Rocher et al, 2007, p. 10). C'est cette notion de culture d'accueil ou encore de culture d'intégration qui différencie l'approche interculturelle québécoise de l'approche multiculturelle canadienne puisque le Québec offre un cadre auquel les diverses cultures doivent s'accrocher sans toutefois s'y assimiler. La distinction entre accueil et assimilation fit couler beaucoup d'encre au courant des années 80 entres-autres le Rapport Clancy de 1985 traitants de l'éducation interculturelle où il est question de reconnaître l'apport des différentes cultures à la culture québécoise (Rocher et al, 2007, p. 13). C'est aussi avec ce rapport que l'on énonce l'importance de l'éducation interculturelle généralisée puisqu'il faut éduquer tant les nouveaux arrivants que les Québécois de souche afin de promouvoir l'intégration culturelle.

L'apport des différentes cultures sera repris dans d'autres documents gouvernementaux soit la Charte des droits et libertés de la personne du Québec ainsi que la Déclaration du gouvernement du Québec sur les relations interethniques et interraciales (Rocher et al, 2007, p. 13) pour aussi faire écho en 1990 dans le contrat moral proposé par le gouvernement. Suite à la publication de ce contrat, on verra l'utilisation du terme «cadre civique commun»(Rocher et al, 2007, p. 18) primer celui de culture d'accueil ou de convergence puisque l'interculturalisme s'apparente plus à un travail d'équipe qu'à un groupe devant s'efforcer pour plaire à la majorité institutionnelle. Ces notions seront reprises plus tard en 2004 et 2005 alors que l'optique des discours interculturels se fixe également sur la culture québécoise majoritaire où il est recommandé de « manifester son appréciation de l’apport des nouveaux arrivants et de leur contribution à l’enrichissement de la culture québécoise et qui doit faire preuve d’ouverture à la diversité »(Rocher et al, 2007, p. 20). En lisant le texte de Rocher et Al, il est donc intéressant de constater l'évolution de la notion d'interculturalisme qui consistait au départ d'une façon de protéger la société québécoise francophone jusqu'à aujourd'hui où c'est cette même société qui doit s'efforcer d'accepter et de valoriser les cultures qui la menaçait autrefois. Toutefois, il existe au Canada un autre modèle de coexistence culturelle soit le Multiculturalisme promulgué par le gouvernement fédéral sur le reste du pays.

Si le gouvernement du Québec tient à maintenir un statu quo culturel tout en respectant l'apport de différentes cultures, le gouvernement fédéral pour sa part souhaite plutôt voir une cohabitation qu'une intégration. N'offrant pas de cadre culturel commun, les différentes cultures sont encouragées de se tailler une place qui leur est propre et d'exister au sein du paradigme canadien à leurs propres rythmes. Dans le texte de Rocher et al. à la page 40, on peut y lire une définition du multiculturalisme où l'on contraste la nation avec l'interculturalisme : «système axé sur le respect et la promotion de la diversité ethnique dans une société. S’y ajoute souvent l’idée selon laquelle le respect de la diversité ethnoculturelle l’emporte sur les impératifs de l’intégration collective ». Plusieurs des auteurs cités dans le texte voient une concurrence entre les deux notions puisqu'il semble paradoxal d'immigrer dans un pays au discours multiculturel bilingue pour se voir forcer de s'intégrer à une culture unilingue francophone. C'est de ce paradoxe que plusieurs tirent les arguments alimentant le débat sur les accommodements raisonnables ou encore sur le code de vie d'Hérouxville, car comment expliquer clairement la distinction entre intégration culturelle et rejet des nouvelles cultures? Si au Canada on reconnaît la différence entre les cultures, comment expliquer qu'au Québec on les passe sous silence au profit de la culture majoritaire québécoise?

Journal de Bord 1

Qu’entend Sabbagh par une « nation civique »? Pouvez-vous donner des exemples de telles sociétés?

En lisant le texte de Sabbagh, il est intéressant d'y voir les notions de nationalisme civique et éthique contrastés tout en invitant la comparaison avec diverses nations notamment le Canada, les États-Unis et la France. Ces deux derniers sont présentés comme des modèles de nations civiques où les buts du républicanisme politique sont confrontés à une réalité multiculturelle contradictoire. D'après Sabbah en page 114, une nation civique réussie à « amincir les identités nationales jusqu'à les débarrasser de tout contenu susceptible de concurrencer les identités ethniques ou culturelles. » Autrement dit, il est possible de conserver son identité culturelle tout en existant dans le paradigme politique national puisque les deux notions existent de façon distincte.

Le modèle américain peut servir d'exemple puisque les idéaux républicains ont été fondamentaux à la création de l'identité politique américaine suite à la Révolution du 18e siècle. Les principes de liberté et d'égalité sont donc fermement ancrés dans l'imaginaire collectif bien que leur application législative n'est pas toujours évidente. Les droits de plusieurs groupes ethniques sont souvent menacés ou même vus comme étant menaçants pour le modèle républicain universel. Il suffit de penser à la récente controverse entourant la construction d'une mosque à New York pour voir que les principes utopiques dictés par les « Fore-Fathers » américains ne sont pas encore pleinement intégrés au modèle républicain. Bien que la notion classique de l'identité américaine est en principe un parapluie identitaire a lequel divers groupes ethniques peuvent s'attacher tout en conservant leurs modes de vie, on ne peut passer sous le silence l'exclusion de certaines politiques contradictoires. En page 115, il est question des idéologiques communistes interprétées « comme anti-américaines » faisant ainsi contraste à la notion de « hyphenated americans » citée à la page 114 puisque si on imagine mal la prolifération de « groupes communo-americans » ou encore « taliban-americans ». Il s'agit ici de vulgarisation hypothétique et exagérée certes, mais l'implication d'une telle politique de dissociation identitaire exprime bien les limites du concept républicain comme nationalisme civique tel qu'appliqué dans la société actuelle

Le Melting pot des États-Unis n'est pas le seul modèle pris en compte par Sabbagh puisque celui-ci s'attarde aussi à la France républicaine. Si les Américains absorbent les différences culturelles et ethniques sous l'étendard commun, les Français ont créé un climat de laïcité aveugle où les différences sont subjuguées au profit d'une identité politique universelle. La religion est donc théoriquement exclue de toutes affaires d'État, mais encore une fois il existe certaines limites idéologiques. L'omniprésent scandale entourant le port du Hidjab dans les écoles démontre la confrontation du modèle national civique de Sabbagh aux idéologies où religion et société sont indissociables. Car si on impose unilatéralement une laïcité neutre, comment éviter le piège de l'intolérance? La notion de nation civique est donc en principe contradictoire au multiculturalisme où il est question de reconnaissance des droits plutôt que du délitement culturel.

Malgré les différences observables dans les pratiques identitaires américaines et françaises ainsi que leurs limites théoriques, il importe de souligner que Sabbagh les considère néanmoins comme modèles de nations civiques grâce à l'identité culturelle et politique global qu'on s'efforce de maintenir contre vents et marrées. Il est certainement possible de regarder les deux pays nommés dans ce texte et d'y voir des modèles d'intolérance culturels et religieux, mais il faut également considérer les sous-courants théoriques notamment le républicanisme ou encore la notion de nation civique énoncée par Sabbagh. Le maintien d'une identité collective purement politique comporte évidemment quelques risques puisqu'en réprimant certains droits, certains peuvent crier injustice, mais, comme en convient Sabbagh à la page 124, le but utopique d'une nation civique est d' « utiliser les ressources de la culture commune pour trouver des principes à partir desquels réinscrire les revendications du groupe en question dans un contexte plus large ». Ce concept plus large est donc l'identité nationale civique, mais comme le démontre Sabbagh en fin de texte, c'est un idéal encore bien distant.